19 rue des Trois Rois 13006 Marseille
T : 04 91 47 60 07
Stijn Ruys, design contemporain

Gilles Olry dessine tout autant qu’il peint.
Artiste agitateur de conscience, Gilles Orly brocarde les vices de notre société contemporaine et consumériste.
D’un grand melting-pot dense et bigarré, enrichie d’une culture pop, humoristique et alternative naissent des toiles où les thèmes de l’enfance, de la mort ou encore d’une sexualité crue et sans fard sont récurrents.

Une proposition des Ateliers de l’Image:
« Ce qu’on voit, c’est ce qu’on cherche à voir. Ou bien ce que l’on cherche à voir est caché par ce que l’on voit ? […] Mes photographies ne vérifient que des doutes et des incertitudes”. Paul Pouvreau.
Paul Pouvreau propose une nouvelle lecture de la banalité, teintée de dérision et de surréel. Est-ce que l’image, et surtout la photographie, peut nous mentir ? Ou plutôt, quelle marge de certitude nous laisse-t-elle ? (Hic et Nunc).
Pour l’exposition à La Traverse, montrée pour la première fois, Paul Pouvreau nous montre des dessins, des vidéos et et surtout des photos, tous documents sur des petits riens dans lesquels se loge souvent presque tout : l’émerveillement, l’espoir, le jeu, la légèreté, la pesanteur, la solitude, l’abandon, la naïveté, le ridicule, l’ordinaire et l’extra-ordinaire.
Dans cette approche documentaire des formes incongrues qui s’inscrivent par la force des choses à contre-temps et à contre-courant d’un ordre public établi, l’artiste reste vigilant sur la manière dont le document peut transformer l’événement en spectacle : « Le travail ne se construit pas exclusivement avec un référent réel mais aussi avec un référent déjà imagé, c’est-à-dire avec l’ensemble des documents qui occupent au jour le jour l’espace de notre regard et qui s’imposent plus ou moins implicitement dans le champ de notre mémoire ».
Au final il y a manipulation et expérimentation : manipulation car tout est orchestré et modelé ; expérimentation car tout est effervescent et en évolution permanente.
Pour la première exposition de la galerie dans sa nouvelle configuration et à l’occasion d’Art-O-Rama, nous avons invité les artistes avec lesquels nous travaillons régulièrement.
Un ensemble d’oeuvres, pour la plus part inédites, est ainsi mis en situation dans notre espace réaménagé.
Artistes exposés: Rémi Bragard, Colin Champsaur, Frédéric Clavère, Guillaume Constantin, Anthony Duchêne, Marc Etienne, Laszlo Fekete, Alexandre Gérard, Marion Mahu, Yannick Papailhau, Alexandra Pellissier, Luke Painter, Bruno Sedan, Julien Tiberi
Visite sur RDV uniquement
Iris Levasseur
Légères anesthésies et dérivation
A l’occasion de son exposition à la galerie Dukan&Hourdequin à Marseille (Légères anesthésies et dérivations, 11 septembre - 13 novembre 2010), Iris Levasseur présente une sélection de toiles de grand format, dans lesquelles elle met en scène des personnages au cœur de situations insolites, voire perturbantes. C’est avec des couleurs résolument vives et parfois acides que cette artiste, née en 1972 à Paris et qui enseigne à l’École des Arts Décoratifs de Paris, choisit de s’intéresser aux flâneurs, à ceux qui déambulent dans Paris et dans sa périphérie, les dessinant sur le vif afin de les incorporer dans des scènes qui s’apparentent aux rêves. De ces images relativement nettes et détaillées, qui émergent d’un fond parfois maculé de coulures, découle une certaine tension. Certaines toiles font explicitement référence à la peinture religieuse, par le choix des titres (Pleurants, Déposition), tandis que les attitudes des personnages, de même que l’absence descriptive d’un espace précis, ôtent tout effet narratif et rappellent la peinture de Max Beckmann ou d’Otto Dix. Récemment, Iris Levasseur a exposé une série de dessins intitulés Quelques vies de la tarentule (Galerie Pascale Guillon, Tavel, Gard), dans laquelle des couples et des trios de personnages, plus ou moins dénudés et souvent masqués, évoquent un univers nettement inquiétant. Nombreux sont les personnages représentés allongés. Sont-ils blessés, morts ou simplement en train de dormir ? « Convertir ces regroupements d’individus des deux sexes en histoires quotidiennes ou en scènes psychologiques, ce serait les appauvrir et leur imposer un sens unique, alors qu’ils peuvent en suggérer plusieurs. » (1) Au spectateur d’imaginer les réponses. Ce qui compte, c’est de suggérer, de proposer des images issues du rêve afin de stimuler nos capacités de déduction.

Abime
Je voulais t’interroger sur ta relation à l’image. Tu combines des moments où tu revendiques le médium, avec des coulures, des jeux de glacis, des transparences, à d’autres parties où, à l’inverse, tu affirmes le soin du détail, notamment dans les vêtements très contemporains. Comment gères-tu cette tension entre les différents aspects de l’image ?
Mon travail relève de la peinture plus que de l'image. Cependant, je suis une grande collectionneuse d'images. J'en fabrique régulièrement grâce à la photographie et je prélève un peu partout des images qui s'accumulent dans l'atelier. Il m'arrive d’en voler ou d'arracher des images, un peu de manière addictive. L'utilisation du médium de la peinture permet de gonfler l'image et d'augmenter son potentiel de lecture. En peignant, je me détache de l'image utilisée, je glisse progressivement vers la peinture qui est en soi-même une question. La force de ce médium crée une infinie possibilité d'actions. Comme j'aime qu'il y ait une certaine distanciation, je m'efforce d'effacer mes gestes. J'ai toujours été touchée par les grandes fresques de Giotto, Masaccio ou Pierro della Francesca. Il y a un certain mystère dans l'apparition des figures et leur luminosité. Je recherche moi aussi une lumière qui surgirait de derrière le mur ou de la toile.
Cet intérêt pour le détail est nettement visible dans l’attention portée aux descriptions vestimentaires qui sont très réalistes. En effet, l’habillement des personnages et le rendu des baskets ou des plis des jeans est toujours très soigné. Il s’inscrit par-dessus les couches picturales du fond. Certaines parties viennent vers l’avant, d’autres reculent…
Les vêtements sont autant d'excuses pour tenter de donner à voir un corps sculptural. J'établis une sorte de relevé topographique que j'hypertrophie volontairement grâce à la peinture. Je travaille relativement lentement pour ne pas saturer la toile. Différentes couches fines de peintures sont apposées pour donner une certaine illusion de profondeur. Je procède par soustraction et par empreintes afin d’accentuer le potentiel de transparence. Ainsi les corps et les espaces deviennent traversables du regard.
Les personnages qui peuplent tes toiles ont parfois un aspect fantomatique, comme des ombres colorées, plus ou moins denses. Je cherche à enregistrer la présence des corps humains. Les enveloppes corporelles sont traitées de manière à souligner la grande vulnérabilité des corps. Longtemps, j'ai peint des personnages sans ombres sans même m'en rendre compte. J'étais tout simplement attirée par l'idée d'un corps qui évoluerait en dehors de l'attraction terrestre. J'envisage un corps que l'humain pourrait déserter, une figure proche de la dépouille. Les nouveaux moyens de communication me laissent penser que l'on s'achemine vers un corps de plus en plus immatériel.

A la verticale
Si l’on poursuit avec cette idée de montrer des fantômes, on a souvent l’impression d’être devant des scènes un peu figées, comme un moment suspendu dans un rêve ou un cauchemar. On pense à l’univers de certains films de David Lynch. Justement parce que l’espace n’est pas très défini, du fait des jeux de transparence. Ces images sont-elles celles d’un rêve ou celles d’un film ?
Elles proviennent tout le temps de rêves. On m’a souvent parlé des films de David Lynch. Je tente de les regarder mais j’en suis incapable. Ses films créent une tension nerveuse telle que je ne peux pas rester devant. Dans le rêve, ce que j’aime, c’est la problématique de la pesanteur que j'essaie d’évoquer en peinture. L’idée que l’on puisse avoir un poids, une attraction terrestre tout en s’en libérant. C’est ce que j’ai voulu faire ressentir à travers les espaces que l’on peut traverser. Comme dans un rêve, on peut courir et être très léger ou être très lourd. Cette possibilité de moduler le poids d’un corps, c’est quelque chose qui m’attire beaucoup en peinture.
Face aux toiles, le spectateur ne sait pas s’il se trouve devant un événement d’ordre réaliste ou un fantasme. Quels éléments s’appuient sur la réalité ? Y a-t-il des accroches au réel, par le biais de modèles, de photographies, d’éléments prélevés dans la réalité ?
Je prélève une quantité d’images, notamment des gens qui sont dans mon entourage que je photographie. Dans toute œuvre, il y a une sorte de journal intime extrêmement distancié. Je ne crois pas qu’on puisse lire entièrement la vie de quelqu’un à travers son travail mais cela suit la manière dont on vit au jour le jour. Il y a toujours une part fantasmée, car le fantasme fait partie de la vie. Je puise dans la réalité et je construis avec afin de faire gonfler ce réel.
Pour en revenir à l’espace pictural, j’ai vu cet été à l’occasion de l’exposition Dynasty au Palais de Tokyo des peintures de Guillaume Bresson. Les scènes qu’il montre dans des parkings souterrains sont assez violentes, avec leur éclairage affirmé. A ta manière, tu exprimes aussi une violence, mais plus diffuse, comme dans Les Amis. On a l’impression d’être témoin d’une agression mais on en est pas très sûr. Tu peins aussi beaucoup de jeunes qui zonent, quel est ton rapport à la banlieue ou à la ville ?
Effectivement, je suis perméable à tout ce qui m'entoure. Tout ce que je vois s’inscrit dans mes tableaux. J’habite près de la Gare du Nord et je vais travailler à Aubervilliers, à Pantin. Ce décor est celui que je traverse lorsque je circule à vélo et il oriente mon regard sur la ville. Or ce regard est surtout amoureux, un peu comme celui de Pasolini sur les gens qu’il filme. Je peux être fascinée par tout ce que je vois : une paire de baskets, un jean, une chemise qui a été rapiécée, une petite cicatrice… Je regarde souvent les gens et il y a du désir dans ma manière de les observer... La peinture vient de là aussi. De cette possibilité de recréer des figures à taille réelle. J'ai la volonté de présenter des personnages proches de la grandeur nature, c'est pourquoi je ne coupe pas les figures. Je peins des grands formats qui facilitent une certaine immersion physique. Devant une toile, on assiste alors à une scène entière comme au théâtre.
Certaines figures regardent le spectateur, cherchant à le solliciter ou bien affirmant leur exhibition avec défi. Regarder le spectateur, c'est le faire participer. C'est aussi le mettre en position de voyeur. J'aspire à créer une certaine tension lorsque je construis
des corps. Je sens que je veux empêcher toute tranquillité potentielle du spectateur et maintenir une forme d'instabilité visuelle.
La présence des masques est récurrente. Parfois, ces masques creusent comme un trou dans la toile. On ne sait pas si ce sont des masques de protection ou s’ils relèvent de visions purement cauchemardesques.
Nous avons tous une série de masques et d’attitudes.
Dans les visages humains, il est vraiment difficile de saisir l’expression. Savoir ce que quelqu’un pense.Il y a le masque et sous le masque. C’est comme en peinture, il y a une stratification qui est réelle dans la matière mais il y a aussi la stratification du fantasme. Chacun est obligé de faire face à ce qui se dérobe en soi. (1) Philippe Dagen, « Les corps de rêves d’Iris Levasseur », Le Monde 2, 22 août 2009. Isabelle Doleviczényi-Le Pape
Isabelle Doleviczényi-Le Pape est professeur agrégée d’arts plastiques, docteur en esthétique, sciences et technologie de l’art. Elle est l'auteur de l'esthétique du deuil dans l'art allemand contemporain : du rite à l'épreuve chez l'Harmattan, paru en 2010 interview a paraitre dans Performarts, sept 2010
Cinq événements de l’artiste Giney Ayme à Marseille du 29 octobre à fin novembre 2010. Proposés par Grains de Lumière à la galerie La Traverse, et en collaboration avec « Les Instants Vidéo » et « La Compagnie ».
Sur vol #1 → 29 octobre au 20 Novembre 2010 – Exposition de Giney Ayme à la galerie La Traverse, proposée par Grains de Lumière, vernissage à 18h30.
Photographies, vidéos, installation (peinture au sol) et livres d’artistes.
Sur vol #2 → 5 novembre 2010 – Espace Culture Marseille, La Canebière, installation Vous êtes ici ! en lien avec les rencontres Sous le signe d’Averroès, vernissage à 18h.
Installation plastique et vidéo à partir de références topographiques de la Ville de Marseille, insérées dans des images de plans de la ville et renvoyant à des scènes miroir vidéo, séquences dont le déroulement se trouve modifié.
« N’est-il pas temps de ralentir? » dit Paul VIRILIO.
(avec le soutien de FEARLESS MEDI@TERRANNEE)
Sur vol #3 → 5 novembre 2010 – La Compagnie, performance Première diagonale, à 20h.
Performance de Giney Ayme et Florence PAZZOTTU. Il s’agit du premier rendez-vous rendant compte de l’activité croisée des deux artistes qui ont déambulé tout au long de l’année 2009-2010 en réalisant des lectures et scénographies impromptues dans la ville de Marseille.
Deux flux vidéos se superposeront à des interventions en direct.
Sur vol #4 → 11 novembre 2010 – La Fosse, performance Cette goutte, à 21h.
Giney Ayme a demandé au poète Fred GRIOT de créer un texte « entre les gouttes » à partir d’une séquence vidéo qui donne à voir et à entendre l’écoulement du temps, à travers la chute de gouttes d’eau filmées en gros plan.
Les Instants Vidéos ont proposé d’accueillir la première réalisation de cette rencontre entre les deux artistes.
Textes et voix Fred GRIOT, vidéoprojection en direct de Giney AYME.
Sur vol #5 → 13 novembre 2010 – La Cartonnerie/Friche Belle de Mai, performance Manu Tensions – Ecritures en extension, à partir de 20h30.
Cette performance fait suite à une résidence de création de Giney Ayme au Centre d’Art Experimental DATABAZ d’Angoulême, en avril 2010.
Au cours de cette performance, l’artiste tranchera du bois, découpera du verre au diamant, plantera des clous, jouera de la guitare à la hache et au marteau etc. Philippe BOISNARD a conçu un dispositif multimédia qui captera et remixera en temps réel ces actes visuels et sonores de Giney AYME.
La gestuelle humaine, source sonore et visuelle analogique, mettra en perspective des réponses simultanées déployant une production d’écritures en extension. Cette performance propose un véritable face à face entre les deux artistes, de l’analogique au numérique.
« Le contenu de la mémoire est fonction de la vitesse de l’oubli », Norman SPEER.
*Giney Ayme vit et travaille à Marseille, il est artiste plasticien vidéaste et réalise des actions poétiques dites « Manu Tensions » qui mettent en exergue les gestes de la vie et du travail manuel. Il travaille depuis longtemps sur la notion du TEMPS.
Il a également dirigé et fabriqué la revue Incidences et dirige la collection DVD de vidéopoésie Le point sur le i, dont le catalogue propose à ce jour 22 titres d’auteurs et artistes contemporains.
Prendre la porte et faire le mur
Saâdane Afif, Catrin Bolt, Alain Bublex, Dora Garcia, Simon Dybbroe Moeller, Nashashibi/Skaer, Philippe Parreno, Chloé Quenum, Alain Rivière, Michel Verjux
Commissariat Florence Ostende
Pour la dernière exposition du FRAC avant sa réouverture en 2012, Florence Ostende, commissaire invitée, nous invite à nous interroger sur la nature et les enjeux de l’exposition.

Nashashibi/Skaer, Flash in the Metropolitan, 2006. Courtesy les artistes; doggerfisher, Edimbourg, LUX, Londres
« Une porte, des murs, une exposition… ou comment des artistes transforment celle-ci en matériau de travail. À partir d’œuvres de la collection du FRAC et de pièces produites ou empruntées pour l’occasion, Prendre la porte et faire le mur explore le potentiel de l’espace d’exposition : ses fantasmes, ses anecdotes, ses humeurs, ses transgressions, son insoumission.
Qu’attendre d’une exposition aujourd’hui ? On dit souvent qu’elle vient cristalliser la fin d’un mouvement artistique, consacrer une tendance, arrêter l’œuvre dans le temps. Pourquoi ne pas imaginer l’inverse, plutôt que la fin le point de départ, un espace de tous les possibles.
L’espace d’exposition n’a pas toujours été le « cube blanc » que nous connaissons aujourd’hui. Des premières églises aux Salons du XIXe siècle en passant par les foires ambulantes et l’art dans l’espace public, sa forme n’a cessé de changer. Sa fonction, en revanche, est restée sensiblement la même : instaurer un cadre, un ordre, une organisation d’objets, une représentation agencée du monde, parfois au service d’une idéologie. Le musée incarne ce cadre par excellence, une boîte fermée, coupée du monde extérieur. Au cours du XXe siècle, les artistes inventent de nombreux musées imaginaires – une façon de faire imploser les murs, de dépasser les limites (rappelant ainsi les débordements du tableau qui hantent l’histoire de l’art). Avec l’apparition du « cube blanc », la relation des artistes à l’exposition se radicalise, surtout à partir des années 1960. Ils s’en emparent comme d’un véritable médium, un matériau de travail à même de révéler les propriétés, voire les défaillances structurelles et conceptuelles du lieu. Les frontières entre l’œuvre et l’espace de monstration deviennent alors de plus en plus difficiles à distinguer.
Il semble qu’un glissement se soit opéré ces vingt dernières années : l’exposition en tant que matériau de travail ne serait plus seulement le sujet de l’œuvre mais aussi son image fantasmée, un espace de projection, réceptacle de fictions, de jeux, de rêves, de perturbations. Cette proposition tente de mettre en lumière ce phénomène qui n’aurait sans doute pu avoir lieu si le « cube blanc » n’avait pas été identifié au préalable en tant que possible surface de subversion. Mobilier, éclairage, qualités architecturales et humaines du lieu, tout s’exploite. Les œuvres manipulent le temps de l’exposition : ce qui vient avant (le projet, la maquette, le montage mental, le rêve), pendant (le parcours, les déplacements, les émotions), après (les interprétations fictives, les commentaires, les souvenirs). Prendre la porte et faire le mur matérialise le fantasme d’un espace déchargé de tout système de croyance, sans attente et sans espoir. [...] »
Florence Ostende
Prendre la porte et faire le mur donnera lieu à la publication d’un journal fin 2010.