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  • Jérémy Laffon
  • ROOM SERVICE
  • Visuel : Globe [2], 2011, Chewing-gums et bois, diamètre : 12 cm / hauteur : 18 cm

    LIEU Hôtel Burrhus, 1 place Montfort, 84110 Vaison-la-Romaine

    Dans le cadre de la manifestation Supervues 2011, pour sa deuxième participation Vidéochroniques invite Jérémy Laffon à investir l’une des chambres de l’hôtel Burrhus (après Ian Simms en 2010).

    Durant trois jours, le Burrhus (Vaison-la-Romaine, 84) sera fermé en tant qu’hôtel, inutile donc de chercher à réserver une chambre. Pourtant il affichera complet, et ses hôtes seront cette fois les galeries, les artistes et associations qui auront relevé le défi de présenter leur travail dans un contexte propre à dévoiler la complexité des rapports qui lient la création aux espaces quotidiens, à la chambre en l’occurrence.
 L’hôtel prendra des allures de mini foire d’art contemporain, où le public sera ainsi invité à visiter 35 mini expositions. Une trentaine de façons d’exprimer une vision de la création dans un espace donné, avec les contraintes qui sont celles d’un lieu habité, même à titre provisoire et ̩éphémère…

    Jérémy Laffon est né en 1978 à Limoges, il vit et travaille à Marseille. Représenté par la Galerie Isabelle Gounod (Paris),
    il est résident des ateliers d’artistes de la ville de Marseille depuis 2010.

    Liminaire tactique

    La pluralité et les différentes facettes de l’oeuvre de Jérémy Laffon, allient une activité de joueur/touriste céleste/artiste à son décor/environnement/espace via un tropisme fondé sur une idée-force de transversalité.On y rencontre un ensemble composé d’oeuvres évolutives, éphémères, de traces de performances où ce qui a lieu croise ce qui a eu lieu.
    Il détourne des matériaux et des actions prélevés dans le quotidien et l’ordinaire. Toutes ces pièces forment un monde précaire et sensible, un terrain de jeu où l’état “normal”est une nouvelle fois mis en question dans l’art.
    Jérémy Laffon remet en jeu dans son « travail » la productivité de l’art, par des performances baroques qui mettent en jeu les petites activités, le geste artistique,le dualisme des éléments, entre confrontation et cohabitation. Il explore les
    microcosmes de proximité en suscitant des situations aux limites de l’aberration,un jeu sur l’antinomie entre deux termes qui pourtant forme une rime : art et hasard. L’esthétique insoupçonnée du jeu et du hasard sont les divers modes de transformation de ses oeuvres, en perpétuel rebondissement. Dispositifs évolutifs et installations éphémères lui permettent de farfouiller la prolifération des possibles.

    Citation, passage obligé
    Un aphorisme tiré de mon poème Vanité aux puces dit : « la jeunesse d’aujourd’hui aime les mauvais joueurs car elle déteste ceux qui prennent le jeu à la légère ». Une vie de tous les jours, avec son paysage d’habitudes, peut paraître difficile à traduire en moments signifiants. Si la règle du jeu inventée par Jérémy implique de se disperser au risque de ne pouvoir être situé, le récit de l’art qu’elle propose avec le jeu en origine et en point de mire, composé de fragments et d’astuces, se fonde sur le rythme du pouls du monde. Comme pour se redonner une existence quotidienne enrichie en expériences. Peut-être est-ce ainsi que l’on comprend ce qui manque. Le foisonnement est bien là. Le scénario unique
    n’existe pas. En étant mobile soi-même, on peut comprendre et aller plus loin : entrer en résonance. Ainsi on peut dire à chaque instant : ce n’est pas la fin.

    Luc Jeand’heur, 2009
    Extrait de Voler les poutres, échanger les piliers, sans que la maison ne bouge, Journal d’exposition LaChaufferie, édition ESAD Strasbourg

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