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  • Rasha Salti
  • Activation de Situation Z | Rasha Salti “L’exposition d’art international en solidarité avec la Palestine”
  • En 1965, l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) proclame le début de sa lutte armée pour libérer la Palestine de l’occupation. Avec le soutien de la Ligue arabe, des opérations militaires sont lancées à partir des territoires frontaliers avec Israël. L’organisation est structurée comme un gouvernement en exil, et comprend des instances executives, législatives, une constitution, un état-major, une hiérarchie militaire et civile… En 1970, avec le soutien de la Ligue arabe, le haut commandement et le siège institutionnel quittent Amman (Jordanie) pour Beyrouth (Liban). Pour l’OLP, son hiérarchie et ses constituants, comme pour la Ligue arabe, les intellectuels et les populations arabes, la libération de la Palestine, un pays occupé par l’État d’Israël, constitue une lutte anti-coloniale pour l’auto-détermination. En dépit du gouvernement travailliste au pouvoir en Israël, et sa vision socialiste entre 1948 et 1977, la lutte pour la libération de la Palestine s’inscrit dans la lutte internationaliste contre le colonialisme et l’impérialisme, et noue des liens de solidarité avec d’autres mouvements politiques en Afrique, en Asie et en Amérique latine.
    Dès le début, la lutte pour l’autodétermination, et pour la reconnaissance internationale, est menée simultanément sur le plan politique et sur le plan du discours et de l’image. En 1965, un groupe d’artistes et d’intellectuels convainquent les dirigeants de l’OLP d’étabir un département consacré spécialement à la production et à la diffusion de représentations de la Palestine dans le domaine de la culture, destinées à une population vivant dans des camps de réfugiés dans les différents pays arabes et ailleurs, afin de renforcer le soutien international à la révolution palestinienne. Le Département de l’information unifiée fonctionne comme un véritable Ministère de la culture, composé de nombreux sous-départements consacrés aux domaines des arts visuels, du cinéma, de l’édition, de la recherche…
    L’exposition d’art international en solidarité avec la Palestine est organisée en 1978 par le Département de l’information de l’OLP à Beyrouth, à l’initiative d’Essedine Kalak, représentant à l’époque de l’OLP à Paris, et de Mona Saudi, une artiste jordanienne vivant à Beyrouth, chargée de la section “Arts Plastiques” au  Département d’information unifiée. L’exposition est censée constituer les premiers éléments d’une collection en vue de la création d’un futur Musée d’art contemporain international en solidarité avec la Palestine. Elle s’inspire d’une initiative comparable organisée quelques années auparavant par des artistes chiléens qui créent le Musée de la Résistance Salvador Allende en exil, afin de mobiliser un soutien pour la résistance contre la dictature de Pinochet.
    L’exposition est à l’échelle des biennales organisées à l’époque par les États du monde arabe, comprenant quelques 200 oeuvres, offertes par 177 artistes, provenant de 28 pays différents. Y participent, entre autres, Matta, Tàpies, Miró… Ce qui est remarquable dans ce chapitre oublié de l’histoire de l’art de la région est moins la liste des artistes vivant aux quatre coins du monde que le fait même que l’exposition peut avoir lieu dans un pays ravagé par une guerre civile et dans une ville en proie à une partition entre ses quartiers est et ouest. Cette présentation propose une reconstitution documentaire de l’exposition à partir des éléments d’archives récupérés au cours d’une enquête de terrain — la totalité de l’exposition ayant disparu, dans des circonstances jamais à ce jour élucidées, au moment de l’occupation israélienne de Beyrouth en 1981…
    Rasha Salti
    Rasha Salti est auteure et commissaire d’exposition indépendent vivant à Beyrouth. Ses recherches portent sur le cinéma et les arts visuels ; elle écrit régulièrement sur des questions politiques et sociales. En 2010, avec Kristine Khouri, elle initie un projet de recherche à long terme sur l’histoire de l’art moderne dans le monde arabe.
    Bio (long version):
    Rasha Salti is an independent film and visual arts curator and writer, working and living in Beirut, Lebanon. From 2004 until 2010, she was the film programmer and creative director of the New York based non-profit ArteEast (www.arteeast.org) where she directed two editions of the biennial CinemaEast Film Festival (2005 and 2007); she also co-curated The Road to Damascus, with Richard Peña, a retrospective of Syrian cinema that toured worldwide (2006), and Mapping Subjectivity: Experimentation in Arab Cinema from the 1960s until Now, with Jytte Jensen (2010-2012) showcased at the MoMA in New York. She collaborates with a number of organizations and festivals, including the Musée Jeu de Paume in Paris, SANFIC in Santiago de Chile, and The Tate Modern in London. In 2009 and 2010, Salti worked as a programmer for the Abu Dhabi Film Festival (www.adff.ae), where she is still involved in SANAD, the festival’s regional film production grant.
    Salti has administered a number of events, including a tribute to Edward Said titled For a Critical Culture (Beirut, 1997), and 50, Nakba and Resistance (Beirut, 1998), a three months long cultural season for the fiftieth commemoration of the tragedy of Palestine, and co-organized Waiting for the Barbarians: A Tribute to Edward Said (Istanbul, 2007) in collaboration with Metis Press and Bogazici University. In 2011, she was one of co-curators of the 10th edition of the Sharjah Biennial for the Arts, with Suzanne Cotter and Haig Aivazian. In 2011, she joined the team of programmers of the Toronto International Film Festival.
    Salti writes about artistic practice in the Arab world, film, and general social and political commentary, in Arabic and English. Her articles and essays have been published in The Jerusalem Quarterly Report (Palestine), Naqd (Algeria), MERIP (USA), The London Review of Books (UK), Afterall (US) and Third Text (UK), to cite a few. In 2006, she edited Insights into Syrian Cinema: Essays and Conversations with Filmmakers (ArteEast and Rattapallax Press) and in 2009, she collaborated with photographer Ziad Antar on an exhibition and book titled Beirut Bereft, The Architecture of the Forsaken and Map of the Derelict.
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