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  • Dorota Buczkowska, Fabien Granet, João Vilhena
  • Graphéine # 4 / Marseille dessine Toulouse
  • João Vilhena, Vues hystéréoscopiques, 2012 Pierre noire et craie sur carton, 202 x 138 cm

    Dans le cadre d’un échange entre les réseaux d’art contemporain toulousain, Pinkpong, et marseillais, Marseille expos, SAFFIR galerie nomade a le plaisir de présenter durant Graphéine 4 – Saison du dessin contemporain – João Vilhena, Dorota Buczkowska et Fabien Granet.

    Le secret se trouvera au coeur de la proposition de la galerie pour cette quatrième édition de Graphéine. Le secret comme moteur de création, voire même comme contrainte artistique développé ici par João Vilhena. Un secret qui, par moment, peut sembler être une petite conspiration tant l’artiste a pu s’interroger à son sujet.

    João Vilhena a engagé en janvier 2012 une correspondance composée de dessins sur carte postale selon le principe du cadavre exquis avec Dorota Buczkoska et Fabien Granet. Chacun dessine à son tour sur une moitié de carte postale, puis cache cette même moitié et l’envoie à son correspondant. Ayant accepté le principe d’une contrainte inconnue à la mise en oeuvre de cet échange, Dorota Buczkowska et Fabien Granet, pensent être les seuls correspondants de João Vilhena. En effet, ce dernier, lorsqu’il reçoit une carte de l’un des correspondants, peut aussi bien répondre en dessinant sur la moitié non recouverte, comme il peut la faire suivre à l’autre correspondant lui laissant le soin de répondre. Un nouveau duo voit donc le jour. De cet exercice naîtra une pratique originale, triangulaire, qui interrogera autant la question de la paternité de l’oeuvre que celle des principes et conditions de la création artistique. Dorota Buczkowska et Fabien Granet dessineraient-ils de la même manière s’ils savaient qu’ils ne s’adressent pas à João Vilhena ?

    Le nom de cette oeuvre, “Ecart postal”, écart étant l’anagramme de Carte, résonne comme un clin d’oeil à Derrida et à son ouvrage “La carte postale de Socrate à Freud et au-delà”. Derrida fera par ailleurs un parallèle entre la philosophie et la carte postale en affirmant que la philosophie est comme une carte postale, qu’on écrit dans l’intention qu’elle arrive à destination mais qui, en réalité, n’arrive pas. La carte qui arrive à destination épuise sa fonction. Elle ne vit que durant son trajet, parfois compliqué. Aussi une philosophie qui atteindrait sa destination se pétrifierait et cesserait d’être philosophie : elle doit demeurer on the road ou en vol, rester entre les destinations, toujours susceptible d’être réexpédiée ailleurs. Les cartes postales que vont s’échanger João Vilhena, Dorota Buczkowska et Fabien Granet resteront on the road ou en vol de par leur“seconde vie” à travers de cette oeuvre nouvelle. Détournée de la fonction de correspondance, elles deviennent oeuvre et continueront ainsi à communiquer au visiteur un message qu’il interprétera à sa guise sans pour autant tenir des comptes des relations entre les auteurs d’”Ecart postal”, voire même sans tenir compte de la paternité de tel ou tel fragment de l’oeuvre.

    La galerie présentera également plusieurs grands formats de João Vilhena (dont la « Vues Hystéréoscopiqes » ci-dessus) et des oeuvres de Dorota Buczkowska et Fabien Granet.

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    Espace Croix Baragnon  – Galerie et Espace III
    24 rue Croix-Baragnon 31000 Toulouse
    05 62 27 61 62
    Du mardi au samedi de 12h à 19h
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