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    Les Ponsées
    14 février – 5 avril 2014

     

    La Galerie Gourvennec Ogor est heureuse de présenter la deuxième exposition personnelle à la galerie de l’artiste français Régis Perray.
    L’exposition ouvrira le jeudi 13 février de 18 à 21 heures en présence de l’artiste, et sera visible jusqu’au 5 avril 2014.
    Né en 1970, Régis Perray vit et travaille à Nantes (France).

    La nouvelle exposition de Régis Perray est formée d’un ensemble d’œuvres, dont beaucoup sont inédites, constituant une réflexion sur l’habitat et son apparat intérieur. Depuis le début de sa carrière, les sols et les murs représentent un territoire de recherches et d’expériences physiques. L’artiste explore des gestuelles précises, adaptées aux lieux, aux matériaux, aux objets, pour en extraire des fragments d’histoires. Les murs et les sols portent deux fonctions : la première, celle d’abriter, puisqu’ils sont tous deux constitutifs de l’habitat ; la seconde, celle d’être les supports et les surfaces destinés à l’ornementation du foyer. Les sols peuvent être recouverts de carrelage, de tapis ou de plancher, tandis qu’aux murs sont tendues les tapisseries, collés les papiers peints et accrochées les peintures. Régis Perray s’empare du contexte de nos maisons, de leurs apparats, ainsi que du rapport quotidien que nous entretenons avec les motifs qu’elles recèlent, pour en faire un matériau qu’il manipule, déchire, ponce et caresse.

    Au sol, Attention !!! Pose du carrelage instaure une idée chère à l’artiste, celle du chantier en cours. Les carreaux sont simplement posés au sol, tandis que les cartons d’emballage les entourent. Débutée pour une exposition au Château d’Ardelay (Vendée) en 2013, l’œuvre est ici augmentée. Les carreaux, tous fabriqués de manière artisanale, impliquent une progression du motif et de la couleur dans l’espace. Une articulation est produite entre le sol et les murs, puisque dans l’esprit des cabinets de curiosité ou des accrochages dix-neuvièmistes, l’artiste entremêle deux collections : les Papiers Peints Poncés (PPP) et Les Ponsées. Depuis une dizaine d’années, Régis Perray souhaitait travailler le papier peint, un matériau lié à la famille, à la maison d’enfance. Un matériau avec lequel nous avons grandi. En 2012, il découvre chez sa grand-mère un vieux catalogue d’échantillons de papiers peints qui constitue le point de départ d’une collection qu’il décide de poncer. Armé de papier de verre, il procède à un travail de passages successifs. Le processus de ponçage requiert patience et exigence. Son objectif n’est pas d’effacer les motifs, mais au contraire de les ranimer en leur conférant un vécu. Il réveille ainsi leurs qualités intrinsèques et leurs motifs. Les traces du ponçage agissent comme celles du temps dont l’artiste accentue les effets. Il en est de même pour Les Ponsées, une série de peintures récoltées auprès de brocanteurs nantais. Dans leurs stocks, les croûtes, réalisées en majorité par des peintres du dimanche, attendent de réintégrer un foyer. Comme pour les papiers peints, l’artiste ponce les natures mortes, les paysages et les portraits chinés. En ôtant couche par couche la matière, il entre véritablement dans la peinture : la surface, la matière, le motif, la couleur et les secrets enfouis. Parce qu’il est férocement amoureux de la peinture et de son histoire, l’artiste choisit, par le rapport physique et abrasif, d’attaquer les toiles. Une relation paradoxale est générée au profit d’une relecture d’œuvres négligées, écartées des maisons et des musées.
    Les gestes (nettoyer, frotter, poncer, caresser) rendent hommage aux matériaux, comme en témoigne le film, Acariciar Lisboa, réalisé lors d’une résidence à Lisbonne en septembre 2013. Sur place, il est fasciné par la ville et les azulejos qui parent ses murs. Il découvre alors que la fonction originelle des carreaux de faïence n’était pas tant de décorer les murs, mais de les protéger. Suite au tremblement de terre de 1755, les murs des maisons et des bâtiments sont construits avec du sable extrait de l’océan Atlantique. Le sel contenu dans le sable ronge et attaque la pierre. Les murs fragilisés sont renforcés avec un parement de carreaux de faïence. L’artiste, conscient de la fragilité et de la beauté du patrimoine lisboète, arpente la ville et décide de caresser de la main droite une centaine de murs ornés d’azulejos. Chaque mur est une véritable rencontre, où la caresse participe d’un corps-à-corps amoureux entre l’artiste et la ville.
    Sans visée iconoclaste ou subversive, ni aucune volonté de hiérarchiser les matériaux et les registres, Régis Perray entre dans la matière (sa fonction, son histoire, ses motifs). Produits de manière industrielle ou artisanale, les matériaux portent chacun des motifs qui, par la répétition du passage de la main et/ou de l’outil, sont altérés, partiellement gommés, et finalement sublimés. Qu’il s’agisse de peintures empilées chez les brocanteurs, de rouleaux de papiers-peints abandonnés dans un vieux cellier ou de carreaux de céramiques abimés, l’artiste s’approprie, par le geste, le matériau délaissé pour lui donner une nouvelle existence. Par la collection, pratique qui traverse son œuvre depuis les années 90, il transcende les matériaux du quotidien.

    Julie Crenn – décembre 2013

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    RÉGIS PERRAY (雷吉斯·佩里)

    Les Ponsées (生造词,结合了打磨和想法两层含义)

    2014年2月13日至4月5日

    Galerie Gourvennec Ogor (古文内克·欧戈赫 画廊)

    雷吉斯·佩里的展览由一系列全新的作品构成,这些作品映射出了他那独特而壮观的内在。从他创作的开始,他就把地板和墙壁当作进行研究和探寻的区域。为了从中提取一些自己经历的碎片,艺术家不断探寻着具体的行为,适合的地点和物品。

    墙壁和地板有两个功能:第一是提供庇护,这两个元素在一起就能构成住房;第二个是支撑以及作为悬挂家里装饰物的载体。地面可以铺设瓷砖,地毯或者地板,而墙壁上可以有挂毯也可以贴墙纸和悬挂艺术品。雷吉斯·佩里占领了我们房间背景上的每一个装饰以及隐藏在与我们日常生活息息相关的物品中的主题,为了找到一个可供他摆弄、打磨和触碰的东西。

    小心地板!!!那块放着瓷砖像施工现场的地方可是建立在一个艺术家的宝贵想法之上的。一些瓷砖整整齐齐的摆在地上,而他们周围散落着装它们的纸箱。这个作品第一次出现在2013年在Ardelay城堡里举办的名为《Vendée》的展览上。这些瓷砖是纯手工制作的,所采用的颜色和花纹都取自展览场所。这种在墙和地板之间产生的关联是源自艺术家的创意还是源自这些十九世纪的悬挂物呢?

    艺术家在展览上混杂了两种他所收集的物品:打磨过的墙纸(les Papiers Peints Poncés – PPP)和打磨过的画(Les Ponsées)。十年来,雷吉斯·佩里一直想用墙纸这种材料来创作,这是一种能让人联想到家的材料,一种伴随着我们长大的材料。 2012年,他发现了在他祖母家的一本老的墙纸样本,并决定从其中的一张开始打磨,砂纸也成了他之后创作的主要工具。打磨的过程要求有极大的耐心,其目的不是为了抹掉或者消除花纹,相反的,是为了让打磨的物品复苏。他唤醒了这些墙纸的花纹和内在特质,而那些打磨的痕迹就像是它们经历的时间所赋予的,这种效果也正是艺术家想要表现的。这个行为和《Les Ponsées》展出的作品相同。这是一些从南特旧货商那云集而来的画作,这些拙劣的作品都出自一些为了生计而创作的画匠之手。就像对待那些墙纸一样,艺术家打磨着从旧货商那挑选来的静物、风景和一些市井人物的肖像画。随着画面一层一层的剥离,他进入了一幅真正的画作中:这些画的表面、画的质感以及色彩、图案还有那些藏匿的部分都是那么的精彩。他狠狠地爱上了这些画和它们的历史,以至于他用这种身体力行的方式去侵蚀了画布。这里存在一个悖论,一件被认为没有价值的作品在重新审视之后便产生了价值。

    清洗、擦亮、打磨、轻抚,这些动作就像是对材料的敬重。这里有段名为《Acariciar Lisboa》的视频作品,艺术家拍摄于2013年9月。在里斯本居住期间,那些点缀在城市里的彩釉瓷砖让他为之痴迷。然后,他发现这些彩釉瓷砖的最初的用途并不是用来装饰墙壁的,而是为了保护墙面。继1755年的地震后,建筑物的墙壁里都混有来自大西洋的沙子,但是这些红色沙子中的盐会侵蚀石头。对于那些变得脆弱的墙面人们就会用这种彩陶装饰物来强化。艺术家体会到了这些里斯本遗产的脆弱和美感,他决定走遍城市并用右手去触碰上百个由雅致的彩陶瓷砖装饰的墙。艺术家与这个城市每一面墙的触碰都好像是一次情真意切的相遇。

    先不去说那些反传统的或具有颠覆性意义的,也先不说那些材料和录像,雷吉斯·佩里确确实实的进入了物质,进入到它们的功能、它们的历史以及它们的花纹。不管是工厂生产的还是手工制作的,这些被他用手亦或是用工具抚过的材料承载着所有的意义,这是一个从风化到剥落再到升华过程。无论是在旧货商那堆积的画作;还是被遗弃在老酒窖里的一卷壁纸;亦或是碎裂的瓷砖,艺术家通过他恰如其分的行为赋予了这些废弃物新的生命。他通过对从90年代就开始收集的旧物的不断实践中超越了这些材料本身。

    Julie Crenn 写于2013年12月

    (简睿 译)

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    “… This propensity to take care of the floor dates back to his studies at the School of Fine Arts in Nantes. In his third year, whilst the other students were busy painting, sculpting or engaging in performance art, Perray, for his part, decided to sand down, then wash, each and every one of the floor boards of his work space. Nothing more than this, but all day and every day. This was the work he presented to the jury for his diploma. Around the same time, he took it upon himself to clean the stairs at the entrance to the school, almost as if he were laying out a red carpet. In both cases, he spent all of his time undertaking the one task, with patience and determination. With simple tools and his body in action, the veritable inscription of his gestures set into practice the basic ingredients of his work as embodied in an attitude; an attitude which, rather than a posture, is no more than his own discreet yet affirmed imprint in relation to his whole relationship with the world…”

    “… The art of Régis Perray cannot be disassociated from his life. A Polaroid snap from 1977 shows him, as a child, holding a broom in the kitchen. Later, in 1998, he made regular visits to the Notre-Dame du Bon Port church in Nantes in order to engage in a kind of private prayer, the peculiar form of which consisted of polishing – with a rectangle of wool beneath each foot – the rosette on the floor of the church. It is a small step to one of his latest interventions, where he spent seven days in Amiens cathedral, during opening hours, in a wandering quest encompassing the whole of the labyrinth situated on the floor of the central nave of the building. Thanks to his sincerity, Régis was able to convince the archbishop of the cathedral, despite initial reticence. The artist is a wanderer, a pilgrim, and his walk through life can be situated within the world of art or, moreover, as part of a religious experience. The gesture, in this case of walking along the cathedral labyrinth, embodies an inherent responsibility, whether religious or otherwise. Is this gesture so different to Caravaggio painting the Emmaus pilgrims, or Jackson Pollock showing Hans Namuth his idea of the bodily struggle of coming to terms with the canvas? The art of Régis Perray goes hand in hand with his life, or, more precisely, confers a particular angle to certain moments of his life and, in every case, goes beyond his life. He describes this notion as “updating the story of one’s own life, then to go beyond it and try to constitute a real work”. It is through his gestures, in their specificity, that he accomplishes the aim of “going beyond”…”

    ON EARTH AS IT IS IN HEAVEN
    Jean Marc Huitorel

    13ème Ponsée - La chaise - 2013

    “13ème Ponsée – La chaise”, 2013
    Peinture sur bois 27 x 19 x 0,5 cm Pièce unique

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