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  • Alain Bublex, Alexandre Perigot, Anish Kapoor, Anne-Valérie Gasc, Berdaguer & Péjus, Bert Theis, Brevet & Rochette
  • Artistes et Architecture, Dimensions Variables
  • ARTISTES ET ARCHITECTURE, DIMENSIONS VARIABLES
    PAVILLON DE L’ARSENAL, PARIS

    16 OCTOBRE 2015 – 17 JANVIER 2016

    Didier Gourvennec Ogor, fondateur de la galerie Gourvennec Ogor est heureux de vous convier à l’exposition Artistes et Architecture, Dimensions variables, au Pavillon de l’Arsenal à Paris, en tant que co-commissaire invité.
    Pour la première fois, le Pavillon de l’Arsenal consacre l’ensemble de ses espaces d’exposition et un ouvrage de référence à l’art contemporain.
    Cette manifestation hybride, qui expose 56 oeuvres parmi un panorama de 264 réunies dans la publication, se fonde sur la conviction que les artistes éclairent et révèlent des potentiels susceptibles d’enrichir et transformer la ville.

    Commissaires invités :
    Didier Gourvennec Ogor – Grégory Lang

    DimensionsVariablesBD

    Artistes et Architecture, Dimensions variables

    Vito Acconci – Renaud Auguste-Dormeuil – Daniel Arsham – Thomas Bayrle – Christophe Berdaguer & Marie Péjus – Pierre Besson – Julien Bismuth – Mel Bochner – Marie Bovo – Brevet & Rochette – stanley brouwn – Alain Bublex – Heidi Bucher – Daniel Buren – Pedro Cabrita Reis – James Casebere – Jordi Colomer – Stéphane Couturier – François Dallegret – Denicolai & Provoost – Larissa Fassler – Martine Feipel & Jean Bechameil – Jean-Pascal Flavien – Zachary Formwalt – Peter Friedl – Carlos Garaicoa – Anne-Valérie Gasc  – Liam Gillick – Pierre-Jean Giloux – Geert Goiris – Dan Graham – Carsten Höller with Philippe Parreno – JR – Anish Kapoor – Sabina Lang & Daniel Baumann – Jonier Marin – Matthieu Martin – Gordon Matta-Clark – Rita McBride – Dean Monogenis – Nicolas Moulin – Matt Mullican – Bruce Nauman – Olaf Nicolaï – Julian Opie – Giulio Paolini – Enoc Perez – Alexandre Perigot – Tabor Robak – Yvan Salomone – Peter Scott – Richard Serra – Timothée Talard – Bert Theis – Lawrence Weiner

    Pavillon de l’Arsenal
    Centre d’information, de documentation et d’exposition d’urbanisme et d’architecture de Paris et de la Métropole parisienne
    21 bd Morland 75004 Paris
    du mardi au samedi, de 10h30 à 18h30 et le dimanche, de 11h à 19h. Entrée libre
    Moyens d’accès : Métro Sully-Morland ou Bastille (lignes 1-5-7-8) Autobus 87, 86, 67
    Contact presse : Julien Pansu, directeur de la Communication : +33 (0)1 42 76 31 95 – julienpansu@pavillon-arsenal.com

    PublicationDimensionsVariables
    La publication bilingue « Artistes et Architecture, Dimensions variables » rassemble 264 oeuvres d’artistes internationaux reconnus ou émergents qui éclairent et révèlent des potentiels susceptibles d’enrichir et transformer la ville de demain. Au regard de ce panorama exceptionnelle les contributions de Liliana Albertazzi, Sarina Basta, Lorenzo Benedetti, Marc Donnadieu, Pedro Gadanho, Hou Hanru, Hans-Ulrich Obrist, Sébastien Pluot, Jean-Luc Poitevin, Chantal Pontbriand, Dieter Roelstraete, Sabrina van der Ley et Jeanette Zwingenberger rythment l’ouvrage.

    « Au travers d’une sélection d’artistes et d’œuvres venus du monde entier l’exposition « Artistes et Architecture – Dimensions variables » interroge la relation foisonnante entre art et architecture. Elle nous invite à considérer le lien qui les unit et à prendre pleinement la mesure de leurs interactions. Vivante articulation opérant dans l’entre-deux-termes et dans l’entre-deux-champs, elle rassemble pour mieux les faire dialoguer des points de vue qui parfois se rejoignent ou se heurtent, mais dont la singularité ne peut manquer de susciter l’intérêt. Cultures, imaginaires, méthodes de travail et prises de position se confrontent ici sur le terrain plastique. Il s’agit donc ouvertement de penser l’art avec l’architecture, de les penser ensemble, en corrélation, véritablement de concert. C’est aussi questionner la façon dont ils s’influencent réciproquement, se nourrissent l’un de l’autre et partagent l’espace et le temps… en quelques mots,  c’est un état des lieux de cette relation.

    L’architecture est un art à part entière, et même, combien d’architectes se laissent transfigurer dans les pratiques artistiques elles-mêmes ? Mais il n’est pas question ici du sujet de l’architecte artiste, ni même, à l’inverse, de l’intervention d’artistes dans les constructions architecturales. Il s’agit dans cet ouvrage, de présenter des visions de l’architecture par un nombre toujours plus investi d’artistes quand ils s’approprient pleinement les sujets et créations dont traitent les architectes, dans leur « utile », leur sublime, comme dans leurs imperfections.

    Considérant que l’architecture est destinée à prendre place dans l’espace, de nombreux artistes développent leurs réflexions autour des lignes, des plans, des surfaces, de droites et de courbes, de matériaux, de couleurs. Les artistes s’emparent de ces formes, et leur insufflent un nouveau sens avec les outils qui leur sont propres, qui dessinant, qui peignant, qui photographiant… La mesure de cet espace est une notion commune à tous, quelque soit le sujet traité, espaces mentaux, espaces physiques ou espaces à vivre. Chacun doit pouvoir se jouer de ces mesures, les calculer, les détourner, les maitriser mais aussi les repousser. Aujourd’hui, les problèmes auxquels nous devons faire face ne se sont jamais encore posés dans l’histoire ou du moins,  pas avec une telle intensité : surpopulation, crise écologique, flux humains, inégalités grandissantes… Le réagencement des espaces que nous partageons est une des solutions qui s’offre à nous. Réinterrogés, (ré)adaptés, simplement modifiés ou complètement bouleversés, détruits ou améliorés, ces nouveaux espaces doivent quoi qu’il en soit ne jamais cesser d’ouvrir les champs du possible. Les œuvres proposées entretiennent entre elles un dialogue fécond à cet égard : certaines envisageant l’évolution avec optimisme et d’autres se montrant plus nuancées, Toutes témoignent de réalités concrètes ou fictives, interrogeant le spectateur dans son rapport à l’architecture. La vocation des créations artistiques comme architecturales n’est-elle pas d’ailleurs de se confronter au regard et au vécu du public par une appropriation individuelle de celles-ci.

    Dans ces différentes interprétations d’artistes contemporains, libérées des fonctions qui leur sont généralement attribuées comme faciliter le déplacement, autoriser l’accès ou bien encore organiser l’occupation, les architectures n’ont plus simplement vocation à être « habitées ». Elles répondent à d’autres besoins, d’autres envies et se plient à d’autres fantaisies. Détournant les codes, jouant avec les mesures, les échelles, les points de vue, les artistes font entrer dans leurs investigations ce qui a priori n’y aurait pas sa place. L’architecture devient l’objet d’une exploration plastique qui se révèle fructueuse, en ce qu’elle révèle des aspects inconnus des formes qui nous entourent au quotidien et auxquelles nous ne prenons plus garde, tant elles sont devenues familières. L’artiste nous donne à voir des angles différents sur des sujets que nous avons pourtant sous les yeux sans parvenir cependant à les envisager de cette manière critique. Une source d’inspiration supplémentaire, complémentaire, pour les architectes ? Dans la conception et la vision des projets, les artistes n’ont pas les mêmes obligations légales, réglementaires, que celles auxquelles doivent se plier les architectes. Certains diront : L’architecture, c’est aussi l’art de travailler avec des contraintes. Aussi, la liberté des artistes peut-elle être plus totale. Certaines des œuvres présentées abordent l’architecture avec un enthousiasme et une curiosité presque candide. D’autres se proposent de remettre en question ou en perspective, le langage formel en vigueur dans les dessins, les plans ou les projets d’architectes.

    Mais l’architecture peut être abordée de façon plus surprenante encore. Elle devient un formidable matériau qui prête à de nombreuses remises en question. En venant bousculer la perception, plusieurs œuvres se révèlent hautement déstabilisantes. Renversant le rapport que nous entretenons avec les choses situées devant nous, elles proposent des expériences inédites et ouvrent une brèche dans le réel. Se faisant les instigatrices d’un singulier chaos, elles font office de passages ou de seuils, invitant le spectateur à quitter des yeux son horizon d’attente, si soudainement qu’il devient difficile pour lui de se situer, de saisir immédiatement ce qui lui est proposé. Changements d’échelle, réinterprétations spatiales, déformations, et points de vue audacieux… sont autant de moyens de glisser dans un monde en léger ou parfait décalage avec le nôtre.

    Tandis que les questions de réseaux, de circulation ou de mobilité sont aujourd’hui au cœur de toutes les préoccupations en matière de conception de l’espace, les grandes métropoles prennent en compte les menaces que font peser sur elles les dérives productivistes, les besoins énergétiques, la pollution et la surpopulation. S’étendre pour éviter l’écueil de la saturation qu’entraînent inévitablement de fortes densités ne peut suffire, chacun réfléchit donc à une redistribution des cartes. La ville cherche activement les solutions dans la gestion des multiples flux qui la traversent et cela, quelle que soit leurs natures. Mais là où l’architecte tend vers une occupation plus logique de l’espace, l’artiste, lui, parce qu’il n’est pas soumis aux mêmes impératifs, se prend au jeu de la « remise en formes », s’emparant de ces questions dans une perspective critique moins astreinte aux aléas professionnels ou à la commande des maîtres d’ouvrage.

    L’artiste témoigne de l’œuvre de l’architecte. Il s’en inspire. Il l’analyse. Il la transforme. Il crée. Il la reconsidère pour peut-être la sublimer et être lui aussi source de réflexions pour l’Architecte. Un bâtiment, quel qu’il soit, n’est jamais complètement isolé : il prend toujours place dans un environnement déterminé, lequel participe pleinement de son sens. Soucieux d’instaurer de véritables dialogues entre leurs constructions et tout ce qui les entoure — la rue, le quartier, la ville —, d’introduire une respiration, les architectes comme les artistes questionnent lors de la conception de leurs projets les articulations que constituent les limites entre dedans et dehors, privé et public, intime et collectif. Aussi, la nature même de leurs interactions diffère d’un bâtiment, d’une œuvre, à l’autre, selon que ces frontières soient ouvertes ou fermées, poreuses ou hermétiques. La place et le statut de chacun se trouvent donc induits, et ainsi sans cesse redéfinis.

    Artistes comme architectes ne se tiennent pas en dehors du temps. Chaque génération hérite d’un patrimoine dont le devenir repose sur les décisions que ceux-ci prendront à son endroit, sur les propositions qu’ils feront. Aussi, les artistes considèrent-ils à leur instar que les architectes prennent constamment en considération le rapport à cet héritage dans leur projet. Les artistes interrogent : faut-il le transformer, procéder à de plus ou moins grandes réadaptations, en redéfinir les fonctions ? Ou bien le détruire, et simplement se retrouver face à des espaces vierges où tout est à réinventer ? Véritables palimpsestes, certaines villes ou certains quartiers, mêlant et confondant différents styles architecturaux, parfois même en de fort singulières (re)compositions, offrent au regard la vision d’un espace dans lequel les époques se superposent et dialoguent entre elles.

    L’avenir ne va pas sans poser, lui aussi, beaucoup de questions. Certains artistes l’abordent dans la confiance, en proposant des visions oniriques, voire merveilleuses. Enchantant le futur, ils se prennent à imaginer de fascinantes cités, parfois envahies de forêts, cités où les hommes et la nature vivent en parfait accord. Le statut de la maquette se trouve à cette occasion remis en perspective : traditionnellement moyen de projection, et par conséquent étape préalable à la construction dans l’élaboration du projet, elle devient ici une œuvre en soi, matérialisant l’étroite imbrication entre architecture et fiction. Architectures rêvées, imaginaires ou fantasmagoriques, foncièrement incroyables ou résolument utopiques, ces projets qui n’en sont pas vraiment, surgissent avec une certaine poésie.
    D’autres artistes en revanche se montrent plus mesurés, et donnent à voir des dystopies. Habités par le doute et l’inquiétude, ils se tournent vers l’avenir, imaginant un monde dépeuplé, ravagé par les expérimentations humaines. Leur vision s’ouvre sur des villes tentaculaires, envahissantes, d’une froideur stupéfiante qui confine à l’absence. Projection post apocalyptique : flottant dans une problématique entre-deux, les constructions de ce monde, abandonnées, quelque peu évanescentes, se font fantomatiques, comme n’existant plus pour personne. Avec le temps, les formes s’émoussent, s’arrondissent, s’affaissent… et finissent par disparaître. Memento mori contemporains.

    Art et Architecture… entre les deux, des dimensions variables, un univers de possibilités, comme autant d’invitations à penser soi-même ou les autres dans le monde. Les œuvres présentées ici reprennent quelques-unes de ces interrogations et sont autant de propositions pour habiter ce monde. Habiter ce monde, y trouver sa place aujourd’hui en s’appuyant sur hier pour tendre plus sûrement vers demain. »

    Didier Gourvennec Ogor – septembre 2015

    Exposition créée par le Pavillon de l’Arsenal,
    www.pavillon-arsenal.com

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