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  • Stéphanie Majoral
  • TRANSPARENCE DE L’ABORD DES FORÊTS
  • SALON DU SALON #21 – Stéphanie Majoral, solo show (infos à venir : edition@salondusalon.com)

    29 AOÛT – 5 OCTOBRE 2019

     

    VERNISSAGE DIMANCHE 1ER SEPTEMBRE 12H

     

    Textes relatifs au travail de Stéphanie Majoral :

    A travers des formes aussi diverses que le dessin, la photographie, la cartographie ou l’installation, Stéphanie Majoral articule son travail autour de la question du statut de l’image et d’un de ses corollaires le point de vue. En travaillant sur des notions comme le hors champ, l’image spéculaire, l’image voilée, oblitérée… elle nous emmène dans des environnements où la vision est comme suspendue au mouvement.

    La promenade, le parcours, la déambulation, ne sont pas ici des décisions de l’esprit, mais la suite naturelle et la maturation d’une vision.Les pièces de Stéphanie Majoral, aussi diverses soient-elles, requièrent du spectateur une contemplation active, une participation créatrice, à l’instar de “A la lisière”, où le sujet reconstruit littéralement le paysage, où le vide devient présence. Il y a chez Stéphanie Majoral un refus obstiné de produire des images décisives, définitives.

    Ses images sonnent comme des énigmes, des mystères à éclaircir, posent la question de ce qui se joue au-delà, non pas dans une vision platonicienne suggérant un monde transcendantal, mais bel et bien dans un au-delà du corps. L’artiste crée, non pas un espace en soi, mais plus exactement un espace entre soi. Mystérieuses sans cultiver le mystère, la force onirique de ces images ne réside pas dans la réponse à l’énigme posée, mais bien dans le trajet qui nous conduit vers l’oeuvre. Par ce mouvement, cette déambulation qui est également un temps, l’image, comme le définissait Gide, devient un “espace à émouvoir”.La notion du temps est ici primordiale : temps de l’artiste, qui, dans la constitution même de son travail, procède invariablement par étapes, par une accumulation progressive, minutieuse et lente ; temps du spectateur, confronté à une image qui ne se donne pas à voir immédiatement ; temps de l’oeuvre enfin, qui, en abolissant toute vision frontale, invite à la promenade, à un parcours dans, autour, et au travers d’elle même.Car les pièces de Stéphanie Majoral induisent un rapport charnel avec le spectateur. La dualité de ses images crée une perception en deux temps, chacune déviant légèrement la perception de l’autre : tout comme le promeneur qui, embrassant du regard le paysage offert à ses yeux (devant lui et donc en dehors de lui-même), désire être dans ce paysage, et qui, ce désir assouvi, se représente alors dans le même temps, dans une perception à la fois réelle et fantasmée, le paysage dans son ensemble et le fragment du paysage.

    On retrouve ce jeu entre la multitude et le détail, le tout et son fragment, dans le travail de Stéphanie Majoral. “ Fragment : morceau d’un objet brisé” nous dit le Petit Robert.
    Brisé comme un miroir en mille et un morceaux, briser l’image réfléchissante pour qu’elle devienne opaque. S’attacher au morceau brisé, c’est désirer voir à travers l’opacité, et refuser de voir à travers la transparence.
    Ce qui frappe chez Stéphanie Majoral, c’est la persistance et la cohérence interne de son travail, sa rigoureuse unité : tout se répond dans un mouvement qui se résout en une identité : nous nous voyons regarder.

    d’après le texte de Sandra Patron in le catalogue de l’exposition Throokinglass, Triangle France.

     

    Les images que conçoit Stéphanie Majoral, affranchies de la prétention narrative que l’histoire de l’art a promu jusqu’à la disparition partielle de la figuration à l’aube et au cours de la modernité, se concentrent de fait sur le système visuel qu’elles véhiculent de manière inhérente au sujet choisi. Car dans la mesure où il est admis que le sujet désormais ne réside plus seulement à l’endroit de l’histoire que l’on pourrait voir, le problème de l’image est aussi à chercher dans l’image elle-même telle qu’elle se forme et qu’elle se donne à voir en tant que dispositif pour le regard.De ce fait, ce travail qui alterne tantôt des références à la peinture, sans en être jamais, tantôt à la photographie pour singer ses caractéristiques, vise in fine autant à l’altération qu’à la reconquête de l’image.En ce sens, ce travail produit des images qui parlent d’elles-même, au sens propre comme au sens figuré, c’est-à-dire, de la manière de les faire et de la manière de les (faire) voir.
    Des images qui, non sans impliquer un effort d’attention nécessaire à l’élucidation de leur propos, disent ce qu’elles sont : des constructions visuelles, concrètes et ce faisant virtuelles, des images manquantes pour certaines, des images dissoutes ou fragmentées pour d’autres tant elles s’accordent à représenter ce qui les constituent, en utilisant certains truchements visuels – le motif de la fenêtre, celui du cadre non plus en tant qu’objet mais en tant qu’image, le grossissement du motif par effet de pixellisation et ce faisant sa perte variable – comme sujets de leurs représentations.

    Des images auto-référentielles donc, qui réagissent en les incorporant, à ces outils visuels qui fondent habituellement le support et l’épiderme de leur état bidimensionnel.

    Et des images auto-réflexives, qui pensent et font penser par délégation à ceux qui les regardent, leur statut d’espaces fictifs singeant un réel – faisant parfois lui-même l’objet de représentations idéales ou archétypales, ici déconstruites – et qui, conscientes d’elles-même, ne cessent d’entretenir les mises à distance indispensables à l’égard des pièges qu’elles savent être pour l’oeil.

    C’est en cela que les images conçues par Stéphanie Majoral, dépourvues pourtant de récit, rapportent somme toute, en y participant encore, une certaine histoire du regard.

    Mickaël Roy

     

    «To who belong the watching eyes ? Normally, one thinks that the me, is someone who looks out onto the balcony with his own eyes, the way one looks out a window and sees the world sprawled out in all its magnitude. Thus, there is a window open on the world. beyond that, there is the world. And before that ? Always the world : what else could there possibly be ? (…) Still the world, which on this occasion has doubled itself into a world which watches and a world which is watched..»

    Italo Calvino, excerpt from Palomar, Éditions du Seuil

    Coming out of a method confronting photography, my work has developed through installations, and the creation of situations around the image -drawn or photographed- at the scale of the wall. Retaining the idea that it is also “the spectator who makes the work”, these installations implicitly take into account their physical and visual relation to the spectator and the wall space they inscribe themselves into “intimately” or “architecturally”.

    It is in this way that the poetic aspects suggested by the different levels of interpretation, proposed by most of the works in a non-Euclidean perspective, can rise to the surface.

    So many ways of looking at landscape, a “camera lucida ”, a “traveler in the map”, a portrait, the reconstitution of a constellation, a window in an oversized eye…A latent image will become tangible to the liking of the spectator’s gaze by the intimate relation that the latter will be able to establish with the work.

    Stéphanie Majoral, in the Fictionary catalog, Triangle – France, 2000

     

     

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