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  • Paul-Louis LÉGER, Salomé DE FONTAINIEU, Zoé RUMEAU
  • OÙ en tournée à HLM
  • Durant l’exposition des deux artistes Simon FEYDIEU et Salomé DE FONTAINIEU, cette dernière utilera les longs temps de gardiennage de l’exposition pour donner forme à une résidence de travail unique et majeur. Salomé DE FONTAINIEU invite donc d’autres partenaires à mettre en place un dialogue croisé. Elle a choisi principalement deux comparses en la personne de Zoé RUMEAU et de Paul-Louis LÉGER, mais pas seulement… Salomé nous invite à « nous dépasser nous déplacer »… Plus Loin, comme nous le proposait l’artiste feu Richard Baquié !

    HORS LES MURS 20 rue Saint Antoine Marseille 2ème.

    En FACE
    Pour sa résidence à HLM jusqu’au 28 mars, Salomé de Fontainieu s’entoure de deux artistes pour un échange intellectuel intense. Elle partage avec eux le goût pour l’émergence de toutes formes de poésie issue du travail de la matière.

    Salomé de Fontainieu www.salomedefontainieu.com. Salomé de Fontainieu est née en 1973, elle vit et travaille à Marseille. Artiste plasticienne elle use d’un processus particulier en traçant à l’encre des lignes inlassablement répétées qui sont comme le fil conducteur de sa pensée où se mêlent doutes, certitudes et repentirs. Ensemble, ils font sourdre ombres et clarté du cœur même de la matière. L’expression de ces doutes se retrouve également dans le mouvement de ses stabiles à la mécanique poétique et imparfaite.

    Zoé Rumeau www.zoerumeau.com. C’est en tant qu’artiste plasticienne que cette jeune femme est allée à la rencontre des migrants et pour cet échange croisé à HLM elle présente ses derniers travaux dont un grand planisphère au fusain brodé de fil d’or. Emerge de ce travail une très grande poésie c’est une manière pour elle de rendre hommage à leur destins meurtris et de tisser les liens de notre avenir désormais commun.
    Le travail sur les migrants fait l’objet d’une exposition à Paris à la Galerie Laure Roynette www.laureroynette.com/past.

    Paul-Louis Léger est un réalisateur photographe plasticien. Il présente une recherche numérique à la fois délicate et cruelle. Son travail propose une vision obsédante du futur de la condition des habitants d’une maison qui brûle et qui regardent ailleurs. www.pllp.fr.

    Ensemble, ils parleront avec les visiteurs de leurs regards sur la manière dont nous appréhendons notre Moi intime, l’Autre et le Futur que nous présageons.

    Image de Salomé de Fontainieu
    Encre 24, 2018, Encre de Chine sur papier, 160×120 cm.

    Salomé de Fontainieu est une artiste pluridisciplinaire. En expérimentant dans un premier temps le design, le process de l’artiste a évolué vers la production de meubles plus engagés et personnels. Ainsi, elle a notamment réalisé en partenariat avec le Mobilier National une table de réunion qui peut également être envisagée comme une sculpture. D’autres créations de mobilier Art-Design ont été éditées par la Galerie Diane de Polignac. Se recentrant ces dernières années vers la peinture, l’artiste superpose, griffe, enterre, et sculpte la surface en traînant inlassablement et subtilement ses outils, faisant sourdre ombres et clartés du cœur même de la matière.

    Salomé de Fontainieu artiste et designer habite le 1er à Marseille 44 rue du commandant Mages.
    salomedefontainieu.com
    06 62 44 45 11

    Texte sur l’exposition de Salomé de Fontainieu et de Simon Feydieu.

    Thierry Ollat, directeur du Musée d’Art Contemporain de Marseille et Axelle Galtier, directrice de OÙ lieu d’exposition pour l’art actuel, présentent les travaux de Simon Feydieu et Salomé de Fontainieu dans le cadre de l’exposition HLM qui aura lieu à Marseille du 22 février au 30 mars 2019.
    Une occasion unique pour ces deux artistes pluridisciplinaires, abordant des sujets où s’entrecroisent design et arts plastiques, de mettre en parallèle leur démarche.

    Salomé de Fontainieu a, dans un premier temps, expérimenté le design de mobilier. A l’instar du courant Memphis des années 1980, composé de designers tels que Ettore Sottsass ou Andréa Branzi, elle trouve dans le manifeste de ce mouvement une poésie et une liberté d’action qui font échos à sa sensibilité. Se moquant d’eux-mêmes, des contraintes industrielles, des exigences de confort et du “Bon Design”, ces designers assemblaient, chevauchaient et additionnaient des formes et des matières en toute liberté et sans a priori. Ils réalisaient ainsi des “sculptures fonctionnelles” à l’aide d’assemblages de formes géométriques simples, à l’humour décapant et décalé.

    Salomé de Fontainieu ne dessine pas son mobilier, elle l’échafaude. La forme de l’objet définitif est issue d’une maquette à l’échelle 1 fabriquée de manière spontanée avec des matériaux rudimentaires qu’elle triture, colle, découpe, cintre et assemble. Ainsi, elle s’affranchit dans un premier temps des contraintes techniques des matériaux définitifs et laisse libre cours à son intuition. Au fil du temps, elle évolue vers la production de meubles plus engagés. In fine, les maquettes elles-mêmes sont assumées comme des sculptures.

    Entre mobilier, sculpture et peinture, l’artiste assume désormais sa pluridisciplinarité.

    La peinture de Salomé de Fontainieu est une œuvre en mouvement qui navigue entre abstraction lyrique et expressionnisme abstrait. Une grande place est ainsi laissée aux pratiques intuitives soulignant les hésitations, les changements et les accidents inhérents au processus. L’influence de peintres comme Joan Mitchell et Fong Chung Ray se mêle à celles des grands avant-gardistes de la peinture abstraite comme Turner et Monet. L’artiste utilise pour cela de multiples outils imparfaits et accidentés qu’elle fabrique au gré de son inspiration, développant un vocabulaire très personnel et au plus près de sa sensibilité. Elle use d’un processus singulier qui donne à son travail une identité particulière en superposant des lignes verticales à distance de son support. Ces lignes parallèles et les espaces aléatoires qui les séparent confèrent un rythme et une musicalité à l’ensemble. Cette multitude de traces compose de ce fait une perspective de fond qui s’offre en transparence. S’ajoutent des coulures, des taches et autres “accidents” qui animent ces paysages comme des mouvements qui tentent de traduire de manière intuitive l’inconstance de ses humeurs et la fragilité du monde qui l’entoure. On devine parfois sous un glacis épais certains “repentirs” que l’artiste dévoile. Fils conducteurs de sa pensée, ils participent à la profondeur de l’ensemble. De ses traits inlassablement répétés, et de ses hésitations, elle fait sourdre ombres et clartés du cœur même de la matière.

    Salomé de Fontainieu a notamment réalisé en partenariat avec le Mobilier National en ensemble de meubles dont une très grande table, envisagée comme une sculpture et exposée à la Manufacture des Gobelins en 2014.
    D’autres créations de mobilier « Art-Design » ont été édités par la Galerie Diane de Polignac.

    Meublé stylique
    Texte de présentation de l’exposition de Salomé de Fontainieu & Simon Feydieu

    Le Musée d’Art Contemporain de Marseille, SNAP Projects et OÙ lieu d’exposition pour l’art actuel, invitent les artistes Salomé de Fontainieu et Simon Feydieu à exposer leurs travaux dans le lieu de diffusion mutualisé par les membres du réseau Marseille Expos, Hors Les Murs (HLM). Ces artistes présenteront des objets, des sculptures, des bas-reliefs et des peintures oscillant entre art plastique et design.

    A l’affirmation de Tim Brown (CEO et président de IDEO, pionnier du Design thinking) selon laquelle : « Le Design est trop important pour être laissé aux seules mains des designers », les deux artistes répondent de manières distinctes et parallèles. L’occasion, pour eux, dans ce cas précis, de confronter leurs démarches.

    Malgré une multiplication des départements Design (d’objet, d’espace, graphique, textile,…) dans les écoles d’art ces vingt dernières années, on remarque chez les créateurs une réticence ou une frilosité persistante à mener de front des pratiques parallèles, quand bien même les influences interdisciplinaires soient assumées. Si pendant des siècles, les arts décoratifs ont été considérés comme mineurs au vue des Beaux-Arts (les intitulés parlent d’eux-mêmes), force est de constater que cette tendance s’est inversée dans les affections françaises : autrefois bouc-émissaire des critiques du capitalisme, le Design post-industriel est aujourd’hui omniprésent, relativement abordable et parfaitement en phase avec la société de consommation : il se fond dans nos intérieurs, nous couvre, nous alimente, nous accompagne, nous fait travailler, nous entretient, ou nous conduit. A contrario, l’art contemporain cumule, en France, les procès d’intention, fait parfois face à la circonspection ou l’indignation et suscite de nombreuses protestations réactionnaires et des détériorations dans l’espace publique : un fort contraste avec la réputation d’exception française que les français aiment tant déclamer. Le Design est incontestablement mieux aimé que l’Art contemporain bien que son adoption par la société française ait été tardive et maladroite par rapport à des pays comme l’Angleterre, l’Allemagne ou les Etats-Unis. Bien que le terme « Design » ait été internationalement adopté (contrairement à l’Art, Arte, Arta˘, Kunst, Konst…), le terme « stylique » tenta en vain de s’imposer via la loi Toubon1 de 1994.

    L’affiliation Arts Décoratifs et Design est quelque peu indirect : ce dernier serait né de la synthèse paradoxale des courants Art & Crafts anglais et du Werkbund allemand. Le premier émit le désir d’un retour à une conception innovante et artisanale, en réaction aux dérives de la révolution industrielle anglaise à la fin du XIXe siècle, la seconde souhaita concilier industrie, modernité et esthétique au début du XXe siècle. Les deux courants s’accordaient sans collusion aucune sur l’idée de Design comme le dessein d’améliorer l’environnement de leurs contemporains. Si la causalité n’est pas évidente, la concordance suivante est importante : le Design est né simultanément à l’émancipation de l’art (impressionniste) envers le principe de commande (de l’offre et de la demande) à la fin du XIXe siècle.

    Au XXIe siècle, des personnalités du Design comme Tim Brown (CEO et président de IDEO, pionnier du Design thinking) affirme que « Le Design est trop important pour être laissé aux seules mains des designers »2. Ce postulat se défend dans la rencontre des travaux de Salomé de Fontainieu et de Simon Feydieu, suite à l’invitation conjointe de OÙ et du Musée d’Art Contemporain à exposer leurs travaux à Hors-les-murs (HLM), lieu de diffusion mutualisé par les membres du réseau Marseille Expos.

    Salomé de Fontainieu est résolument designer ET artiste. Ses meubles ont été notamment réalisés en pièces uniques pour le Mobilier National, et ses œuvres ont été exposées à la galerie Diane de Polignac (Paris). Alternant Design d’auteur et productions d’oeuvres, on comprend rapidement que plutôt que de balancer entre ces deux pratiques, l’artiste les alimente de manière bilatérale, dans des formats clairement identifiables et distincts. Les meubles sont faits pour s’assoir, s’attabler ou éclairer ; les œuvres sont murales, de médiums traditionnels, dessin sur papier, peinture ou collage sur toile et induisent une observation à distance, sans toucher ni usage.

    Simon Feydieu est artiste. Son travail a été exposé récemment à la galerie Snap Projects (Lyon), au Kunstgebaude de Stuttgart ou encore à la Galerie der Stadt de Tuttlingen (Allemagne). Il prospecte dans les champs de l’architecture d’intérieur et du mobilier pour sélectionner les matériaux composites à partir desquels il crée ses bas-reliefs et installations, réminiscences des explorations des avant-gardes modernistes comme le Bauhaus ou De Stijl pour qui les glissements du fonctionnel à l’art s’opèrent selon des hiérarchies de valeurs variables, mais dans la pluridisciplinarité.

    « Leurs travaux partagent une exigence d’intégrité dans leurs démarches respectives qui nous a encouragés à les rapprocher. L’expérimentation, l’aléa, le schéma abstrait, le processus et l’intuition sont partagés de même que la multiplicité des formes d’expression. Il y a aussi chez eux une aptitude à laisser une place au hasard et à la surprise. »

    Thierry Ollat, directeur du Musée d’Art Contemporain de Marseille

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